La monographie communale de Vaucourtois.

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Origine des monographies communales de Seine-et-Marne.

Les Archives Départementales de Seine-et-Marne conservent les monographies de 469 communes du département. Parmi elles, la monographie communale de Vaucourtois1. Les monographies communales sont des études portant sur les communes de Seine-et-Marne réalisées par les instituteurs à la demande du Ministère de l'Instruction publique en vue de préparer les expositions universelles de 1889 et 1900. La photocopie du document original de Vaucourtois, consultable en salle de lecture des Archives Départementales, indique la date de 1899. Il s'agit d'une erreur, son rédacteur, Louis Cyrille Bertrand, l'ayant lui-même daté du 5 décembre 1888. Cette monographie a donc été élaborée en vue de l'exposition universelle de 1889 et non de celle de 1900.

monographie couverture

Première page de la monographie de Vaucourtois.

Archives départementales de Seine-et-Marne. 

 

 

L'exposition universelle de 1889.

L'exposition universelle de 1889 a pour thème la Révolution Française de 1789, à l'occasion de la commémoration de son centenaire. La tour Eiffel est construite pour cette exposition.

Expo universelle 001

Une section de cette exposition est consacrée à l'Instruction publique, et le Ministre de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts adresse aux recteurs des Ecoles Normales, le 31 juillet 1887, une "Instruction générale pour la préparation de l’Exposition de l'enseignement primaire public (Classe VI) à l'Exposition universelle de 1889". Il s'agit notamment de mettre en valeur les progrès de l'instruction publique depuis 1789. C'est dans ce cadre que les maîtres d'école sont invités à présenter des travaux personnels et, en particulier, des "monographies des écoles". 

 

Le Petit Livre de la Commune.

Dès le mois de décembre 1887, "L'Education Nationale", journal général de l'enseignement primaire, incite les instituteurs à ne pas se limiter à la seule histoire de l'instruction publique dans leur commune, mais à rédiger un "Petit Livre de la commune" abordant l'histoire et la géographie locale: 

«LE PETIT LIVRE DE LA COMMUNE. A PROPOS DE L'EXPOSITION DE 1889.

Il est peu d'instituteurs qui n'aient rêvé de faire la monographie de leur commune; il en est même un assez grand nombre qui l'ont tenté, et, ils l'ont fait avec plus ou moins de succès. En réalité, l'idée d'ajouter aux notions générales de géographie et d'histoire enseignées à l'école, des notions sur la géographie et l'histoire locales, semble si naturelle qu'on pourrait se demander pourquoi un tel enseignement ne ferait pas partie des programmes scolaires; et dans tous les cas pourquoi chaque instituteur ne prendrait pas sur lui de compléter son enseignement général par celui de la configuration et de la nature du sol du pays qu'il habite et des principaux faits historiques dont ce pays a été le théâtre.

On aurait ainsi, dans des cahiers spéciaux tenus par les élèves, corrigés et perfectionnés d'année en année, Le Petit livre de la commune, manuscrit dont, par la suite, (quand il aurait acquis une valeur suffisante et pris une forme définitive), beaucoup de municipalités ou quelques personnes de la localité s'intéressant à ces sortes de travaux, pourraient très volontiers faire les frais d'impression.

Si un pareil usage venait à se généraliser, n'aurait-on pas de la sorte une collection de cahiers qui constitueraient comme les archives de toutes les communes de France ?

L'approche du centenaire de 1789 nous a fait songer en outre à l'intérêt particulier qu'offriraient de semblables travaux présentés par les instituteurs dans les expositions scolaires. L'essai peut en être tenté car le temps est encore suffisant pour se mettre à l'œuvre ; et nous faisons appel aux organisateurs de ces expositions et aux instituteurs qui seraient conviés à y prendre part pour qu'ils examinent le parti que l'on pourrait tirer de l'idée que nous leur soumettons.  

Tout en laissant à chacun de ces Petits Livres de la commune leur caractère propre et leur originalité qui dépendra naturellement des qualités de la rédaction et de la diversité même des sujets traités, il conviendrait cependant de leur donner tout au moins une unité de plan, afin de faciliter la comparaison des différents ouvrages entre eux.

Nous proposons, à titre d'essai, la méthode suivante; et nous réclamons de la part des intéressés, les observations et les critiques qu'elle pourra leur inspirer, nous réservant d'en faire notre profit.

Le Petit livre de la commune comprenant des notions de géographie et d'histoire locales se divise naturellement en deux parties distinctes:

1ère partie: Notions de géographie locale;

2ème partie: Notions d'histoire locale. »2

 

Suit l'énumération des différents thèmes suggérés aux maîtres d'école que l'on peut résumer ainsi:

- Notions de géographie locale: position géographique, orientation, topographie, voies de communication, nature du sol, productions du sol.

- Notions d'histoire locale: il est préconisé de commencer par les faits les plus récents et de remonter le temps.

 

mobilier scolaire page 213Ce "Petit Livre de la commune" deviendra ce que nous appelons aujourd'hui une monographie communale. La plupart des monographies des communes de Seine-et-Marne que j'ai pu consulter suit ce schéma. Beaucoup comportent un plan de la commune et, généralement, le chapitre consacré à l'histoire de l'instruction primaire s'intercale entre le chapitre consacré à la géographie et celui consacré à l'histoire locale.  

 

Une vaste enquête.

Il semble que le travail des maîtres d'école, au plan national, ait dépassé les attentes des organisateurs de l'Exposition de l'enseignement primaire public pour l'Exposition Universelle de 1889. En effet, le rapport du jury international chargé d'apprécier les travaux et de décerner des récompenses observe: « A première vue, il n'y avait que des vitrines de bibliothèques, avec des cahiers, des livres alignés sur des rayons et classés par ordre alphabétique des départements, mais si l'on demandait aux gardiens d'ouvrir ces vitrines, de feuilleter cette collection de mémoires, fruit de recherches patientes sur l'historique scolaire des localités, des communes et des départements, on restait confondu de la masse de documents recueillis et d'une si incontestable preuve de capacité et d'activité de la part de notre personnel enseignant. Pour être examiné, étudié à fond un à un, chacun de ces manuscrits était une tâche au-dessus des forces d'un jury international. Une sous-commission de plusieurs membres […] fut chargée de dépouiller les principales pièces de cette vaste et mémorable enquête. […]

Elle reconnaît qu'elle se trouve en face d'un des efforts les plus méritoires qui aient été faits dans le domaine de l'instruction primaire par l'initiative individuelle des instituteurs.»3

école type page 182

 

Des récompenses.

Concernant la Seine-et-Marne, le jury relève:

«Seine-et-Marne. - Collection des monographies communales et scolaires, classées par ordre alphabétique, faites par les instituteurs et les institutrices, sous la direction des inspecteurs primaires et le l'inspecteur d'académie; 26 volumes; à noter surtout la monographie de la ville de Meaux. Chaque notice contient un plan de la commune et un résumé de l'histoire locale. Médaille d'or.

A remarquer. Notice historique détaillée, depuis le VII° siècle jusqu'à nos jours, sur la commune de Combs-la-Ville, par M. Colin.»4

 

Pour la Seine-et-Marne, furent également récompensés:

«Médaille d'or: l'inspection et les fonctionnaires de l'enseignement primaire du département de Seine-et-Marne;

Médaille d'argent: caisse des écoles du canton de Rebais; Colin, instituteur à Combs-la-Ville; école de filles à Combs-la-Ville (plan); école maternelle à Nemours; école primaire supérieure de garçons de Nemours; école primaire de garçons à Sainte-Colombe; Parisot instituteur à Montereau-sur-Yonne».5

 

D'autres récompenses furent certainement décernées à des écoles et instituteurs de Seine-et-Marne, mais le Journal de l'enseignement primaire n'en a apparemment pas poursuivi la publication. 

 

L'instituteur Louis Cyrille Bertrand.

Le rédacteur de la monographie de Vaucourtois, Louis Cyrille Bertrand, est, comme il l'indique lui-même en page 11 de sa monographie, instituteur dans cette commune depuis le 17 septembre 1860, en remplacement de Jules Prosper Houdion, affecté à Neufmontiers. Il est originaire de Coutevroult, où il naît, en octobre 1838, dans une famille de vignerons. Il est marié à Louise Isabelle Tiercelin, née à Coulommes en mai 1845 d'un père musicien et d'une mère épicière. Avant d'être affecté à Vaucourtois, Louis Bertrand a été instituteur à Fleury-en-Bière du 6 septembre 1859 au 1er octobre 18606

Recensement de 1861

Louis Cyrille Bertrand et son épouse sur le recensement de population de 1861.

Archives départementales de Seine-et-Marne. 

 

 

Le texte de la monographie communale de Vaucourtois.

carte monographie de Vaucourtois

Carte de Vaucourtois figurant en tête de la monographie communale.

Archives départementales de Seine-et-Marne. 

 

Département de

Seine et Marne

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Circonscription d'Inspection

de Coulommiers

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Canton de Crécy

_____________

 

Commune de Vaucourtois

______________

 

Instituteur: Bertrand Louis Cyrille

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[page 1] 

Vaucourtois

 

Canton de Crécy, Arrondissement de Meaux

Département de Seine-et-Marne

 

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Distance de Crécy - - - - - - - - - - - - - - - - - -  7 kilomètres

__________ Meaux - - - - - - - - - - - - - - - - -  10 kilomètres

__________ Melun - - - - - - - - - - - - - - - - -  51 kilomètres

 

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Notice géographique

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Chapitre 1er.

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Vaucourtois, dont le nom signifie petite vallée, est un village de 166 habitants, dont 145 pour la population agglomérée et 21 pour le hameau de Liou, distant de 2 kilomètres.

Son territoire compte 468 hectares, 

savoir:

Terres labourables - - - - -       377 hectares

Vignes - - - - - - - - - - - - -          1 hectare 50

   ____________

à reporter 378 hectares 50 ares

page 1 monographie

Archives départementales de Seine-et-Marne.

[page 2]

Report - - - - -- -     378 hectares 50 ares

Prairies - - - - - - - -              66 hectares

Bois - - - - - - -        2 hectares

Jardins - - - - - -        3 hectares

Etang - - - - - - -        3 hectares

Propriétés bâties - - - - - - -        2 hectares 50

Rues, places publiques, routes, chemins 13 hectares

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Total égal 468 hectares

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Il est situé sur un plateau limité au nord par la vallée de la Marne et au sud par celle du Grand Morin, à un altitude de 166 mètres.

Il est compris entre 48° 32' et 48° 33' de latitude nord, et 0° 37' et 0° 38' de longitude est.

Son territoire n'est traversé par aucun cours d'eau; un simple ruisseau, le rû du Mesnil, à sec pendant l'été, le traverse de l'Est à l'Ouest. Il reçoit les eaux de pluie, alimente l'étang de Vaucourtois, traverse les territoires de Coulommes, Quincy, Bouleurs et va se jeter dans le Grand Morin, en amont de Couilly.

Vaucourtois est mal partagé sous le rapport des voies de communication. [page 3]

Une seule route départementale, celle de Meaux à Coulommiers (route n° 28) borde son territoire.

Un chemin de Grande Communication le relie à Crécy et se termine au milieu du village.

Deux chemins vicinaux, bien entretenus, conduisent à Villemareuil et au hameau de Liou.

La station de chemin de fer la plus proche est celle de Meaux, distante de 11 kilomètres7.

 

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Chapitre 2.

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Vaucourtois est un pays essentiellement agricole.

Il compte actuellement 47 feux, parmi lesquels on trouve:

1° - Un fermier cultivant 150 hectares.

2° - 2 fermiers cultivant moins de 100 hectares.

3° - 12 ---------   ---------   moins de 50 hectares.

4° - Un charron, un marchand de bois,

5° - Un maréchal ferrant

6° - Un charcutier

7° - Un marchand de vaches

Tous les autres habitants, possédant eux-mêmes quelques parcelles de terre, sont occupés aux travaux des champs, soit comme ouvriers gagés, [page 4] soit comme manouvriers.

Les terres sont généralement bonnes, quoique humides, le sous-sol étant imperméable. On y a pratiqué avec succès le drainage sur environ la moitié de son territoire, et tous les ans cette proportion augmente.

La commune exporte des grains, blé et avoine, des fourrages, des pommes de terre, des fruits, prunes, pommes et poires, et aussi des fromages.

Le nombre de vaches est considérable, eu égard à la population (150 en moyenne).

Tout le lait recueilli est transformé en fromages gras, connus dans le monde entier sous le nom de fromages de Brie. Ces fromages, fabriqués avec un soin tout particulier, sont vendus tous les samedis au marché de Meaux.

On cultive la vigne sur 1 hectare 50 ares environ.

Malheureusement depuis 1871 la récolte a toujours été très faible, sinon nulle. Aussi depuis quelques années a-t-on planté quantité de pommiers et de poiriers, dans le but de remplacer à l'avenir le vin par le cidre.

On élève peu de bétail: un dizaine de vaches seulement et environ 150 à 200 agneaux. [page 5]

La basse-cour est l'objet des soins particuliers de nos ménagères qui vendent chaque semaine de nombreux œufs, des lapins et des volailles grasses, poules, canards, oies, dindons et pintades.

Le village est propre et coquet, les maisons, sauf trois chaumières, sont couvertes en tuiles, assez vastes et bien aérées. Beaucoup sont carrelées sur béton.

Chaque ménage a son jardin où l'on trouve, à côté de quelques fleurs, de nombreux arbres fruitiers bien taillés et bien conduits, et des légumes en abondance.

 

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Histoire de l'enseignement.

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Chapitre 1er

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Avant la Révolution

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La commune de Vaucourtois avait une école primaire dès 16858.

La classe avait lieu au domicile particulier de l'Instituteur.

Les vieillards de la Commune, qui ont [page 6] fréquenté la classe tenue par Denis Isambert (1756 à 1811) m'assurent qu'il n'y avait aucun mobilier scolaire. Les grands élèves étaient rangés autour d'une longue table, et les petits assis sur des bancs autour de la salle. 

Il y avait peu de livres: chaque enfant apportait, de chez ses parents, des baux, des actes de vente ou d'autres titres sur parchemin, voués ainsi à une destruction presque certaine.

Ceci explique pourquoi les anciens titres de propriété, de famille même, sont excessivement rares dans les campagnes.

La classe n'avait lieu que pendant les mois d'hiver.

Dans la belle saison, le maître d'école s'occupait des travaux des champs et allait offrir ses bras aux fermiers du village.

Il n'avait pas de traitement. Il percevait, par élève, 0f25 par mois de présence.

Chaque dimanche, à la pointe du jour, il parcourait le village et les hameaux, portant l'eau bénite dans chaque maison. Il recevait alors des dons en nature, le plus souvent du pain.

C'était là sa seule ressource, car la rétribution scolaire ne lui était pas toujours très [page 7] régulièrement payée, du moins en argent.

 

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Chapitre 2

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De 1792 à 1888

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A partir du 1er janvier 1792, un traitement fut accordé à l'Instituteur, sur les ressources communales (Délibération du 25 décembre 1791)

savoir:

Traitement du maître d'école 150f

Appointements du secrétaire greffier 48f

Pour sonner la cloche matin, midi et soir 18f

      ______        

Total 216f

 

Pour 1793, les appointements du secrétaire greffier furent de 50f.

Denis Isambert toucha ce traitement jusqu'à son décès, en 1811.

Cette même année 1811, la Commune de Vaucourtois fut réunie à celle de Sancy (distance 2 kilomètres) pour l'instruction et pour le culte.

L'Instituteur de cette dernière Commune recevait:

Indemnité de logement 40f

Education des enfants pauvres 24f

    ______

Total 64f

[page 8]

Plusieurs fois la Commune de Vaucourtois réclama un Instituteur, l'état des chemins empêchant beaucoup d'enfants de se rendre à Sancy pendant l'hiver, seule saison où ils fréquentaient l'école.

Un cultivateur du pays, le sieur Babron Jean-Marie, qui a exercé longtemps les fonctions d'adjoint ou de Maire de Vaucourtois, réunissait chez lui, dans son étable, la plupart des enfants du pays et leur enseignait à lire et à écrire9.

Les choses durèrent ainsi jusqu'en 1822. Une école fut alors ouverte à Vaucourtois dans un local prêté par M. Burger, propriétaire et Maire de la Commune.

M. Houdion Jules Adonis, âgé de 20 ans, fut chargé de la direction de cette école.

Il n'existe aux archives aucune trace de sa nomination. On sait seulement qu'il exerça à Vaucourtois pendant six ans (1828 à 1834).

Pour les années 1828, 29, 30 et 31, outre la rétribution scolaire, il ne touchait comme traitement que 64f, savoir:

Indemnité de logement 40f

Education des enfants pauvres 24f

__________

Total 64f

__________

En 1832, il lui fut accordé en plus un traitement de 60f  [page 9]

En 1833, il toucha 164f, savoir:

Indemnité de logement 40f

Traitement de l'Instituteur 100f

Education des enfants pauvres 24f

__________

Total égal 164f

__________

Enfin, en 1834, son traitement fut élevé à 200f, y compris l'éducation des enfants pauvres.

M. Houdion eut pour successeur M. Charpentier Joseph Rose Pascal, fils d'Instituteur, pourvu du Brevet de capacité, nommé par arrêté de M. le Ministre de l'Instruction publique en date du 30 novembre 1834.

Il exerça à Vaucourtois pendant 14 ans (1834-1848).

En 1840, l'école fut transférée dans une des dépendances de la ferme.

M. Oudot, propriétaire et Maire, prêta le local et le fit approprier à sa nouvelle destination.

En 1842, en échange d'un chemin qui traversait sa propriété, M. Oudot fit construire, à ses frais, une maison d'école, avec mairie, sur la place publique.

C'est celle qui existe encore aujourd'hui.

mairie et école b

 

La salle de classe était petite, trop basse et mal éclairée. Aussi, en 1881, le Conseil municipal, sur les instances réitérées de l'Instituteur, [page 10] prenant en considération les observations de M. L'Inspecteur primaire et de M. Dethomas Conseiller général du Canton et député de l'arrondissement, vota la construction d'une nouvelle salle de classe. 

Les travaux furent menés rondement, et en octobre 1882, l'école fut ouverte dans le nouveau local, répondant à toutes les exigences de règlements. 

L'ancienne classe devint la Mairie, et l'ancienne Mairie fut donnée à l'Instituteur pour agrandir son logement particulier.

De 1834 à 1840, l'Instituteur touche un traitement de 250f.

Pour les années 1840 et 41, ce traitement fut de 300f.

Il fut porté à 370f pour 1842 et 43. Enfin de 1844 à 1848, ce traitement fut de 420f.

Le 31 octobre 1848, M. Charpentier, démissionnaire, fut remplacé par M. Boyer Jean, ancien maître de pension, qui ne resta qu'une année à Vaucourtois.

Son traitement était de 440f.

Le 25 ,octobre 1849, M. Torchet Pierre Alexis, venant de Montgé, fut nommé Instituteur à Vaucourtois, où il est resté jusqu'en [page 11] 1853.

A cette époque, l'école n'était ouverte qu'une partie de l'année. Ce n'est qu'à partir de 1850 qu'elle resta ouverte onze mois (Délibération du Conseil local d'Instruction primaire du 18 Février 1850 , ci jointe (voir page 14).

Le traitement de M. Torchet était alors de 600f.

Le 25 Février 1853, M. Houdion Jules Prosper, fils de Houdion Jules Adonis, déjà nommé, fut appelé au poste de Vaucourtois.

Son traitement était:

Pour 1853, 54 et 55 de 600f

Pour 1856 de 650f

Pour 1857 à 1860 de 700f

Le 17 septembre 1860, M. Houdion, appelé à Neufmontiers, fut remplacé à Vaucourtois par M. Bertrand Louis Cyrille, venant de Fleury-en-Bière, canton de Melun-sud, élève de l'Ecole Normale de Melun, exerçant actuellement.

Un supplément de 400f lui fut voté à partir de 1861, de sorte que son traitement, d'abord de 1000f, fut porté successivement à 1100f, puis à 1200f jusqu'à 1600f, traitement actuel garanti par l'Etat.

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[page 12]

Pour compléter notre étude sur l'instruction primaire dans la Commune de Vaucourtois, nous donnons ci-après le tableau des mariages, par périodes de 20 ans, à compter de 1696 (la Mairie ne possédant des registres de l'Etat Civil qu'à partir de cette époque10) avec le nombre des époux et des épouses qui ont ou n'ont pas signé leur acte de mariage.

En consultant ce tableau, on remarquera que les classes paraissent avoir été assez régulièrement suivies, par les garçons surtout, puisque dans la première période de 20 années (1696 à 1716), plus de la moitié des jeunes gens ont signé leur acte de mariage.

Quant aux filles, leur instruction était bien inférieure à celle des garçons.

 

monographie tableau des mariages page 13

Archives départementales de Seine-et-Marne. 

 

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[page 13]

Délibération du Comité local chargé de la

surveillance de l'Ecole primaire communale de

Vaucourtois.

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Les membres du Comité local, réunis le 18 février 1850, sous la Présidence de M. le Maire, à l'effet de répondre à la lettre de M. le Sous-Préfet, en date du 12 de ce mois.

Exposant que l'école est composée en hiver de 25 à 26 élèves, laquelle est actuellement bien tenue, que la conduite de l'Instituteur, M. Torchet est bonne, qu'il est âgé de 53 ans, marié et a 4 enfants, et qu'il exerce dans la Commune depuis le mois de novembre dernier décident:

L'Ecole sera ouverte toute l'année 1850, excepté pendant le mois d'Août qui sera consacré aux vacances.

Sous ce dernier rapport, c'est un essai que nous allons faire, ayant reconnu que les plus jeunes enfants, peu utiles à leurs parents, sont ceux dont les progrès sont les plus remarquables, et que ces progrès seraient perdus s'il y avait une longue interruption dans l'enseignement.

Vaucourtois le 19 février 1850.

Signé Babron, Bourdon Curé desst. Desprez Baudoin.

[page 15]

Liste des Instituteurs de la Commune de Vaucourtois de 1685 à 1888.

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Il ne reste dans les archives aucune trace de la nomination des Instituteurs.

On ne trouve leurs noms que comme témoins dans les actes de Baptêmes, Mariages ou Décès.

Ainsi on trouve:

29 octobre 1685 ----- Pierre Masson, maître d'escholle, témoin d'un mariage.

19 novembre 1685 ----- Mariage de P. Masson, maître d'escholle.

5 novembre 1688 ----- Pierre Hutinet, maître d'echolle

3 décembre 1692 -------       id           , clerc d'église, témoin.

1 juillet 1695 ------ Jean Isambert, clerc d'église.

16 février 1699 ------- Estienne Mourest, id

        en 1700 --------- Pierre Masson, maître d'escholle.

        en 1701 --------- Jean Robinet, clerc d'église.

        en 1704 ------- Maître Mathieu Aubri, clerc d'église.

22 janvier 1709 ------- Languin, clerc d'église, désigné dans l'acte le maître d'escholle.

de 1710 à 1717 -------- Mathieu Aubri, clerc d'église.

       en 1720 -------- Antoine Benoist, maître d'escholle

           1722 ---------- Relevé sur les registres, cette mention: « Visé dans le cours de notre visite à Vaucourtois le 7 mai 1722, le sieur curé aura soin de faire signer son maître d'écolle, puisqu'il n'a jamais personne aux baptêmes.

signé De Saint André, archiprêtre de Brie»

 

[page 16]

 

     1722 à 1736 --------François Auclerc, tantôt désigné comme clerc, tantôt comme maître d'escholle.

              1738 -------- François Gallippe, notre maître d'escholle.

     1742 è 1753 ----------- Claude Garnier, maître d'Ecolle.

      1753 ----------- Louis Ducharne, clerc paroissial.

     1756 à 1811 ----------- Denis Isambert 

Jusqu'en 1783, il signait clerc paroissial

en 1783, il signait maître d'école.

après 1793, il signait Instituteur

Denis Isambert a fait la classe de 1756 à 1811, soit 55 ans.

De 1811 à 1828, la Commune de Vaucourtois fut réunie à celle de Sancy pour l'instruction.

1er juin 1828 ----------- Houdin Jules Adonis, Instituteur, âgé de 20 ans, témoin.

30 9bre 1834 ----------- Nomination de Charpentier Joseph Rose Pascal

31 8bre 1848 ------------  --------------                 Boyer Jean

25 8bre 1849 ------------- ------------        Torchet Pierre François Alexis

25 février 1853 ---------  -------------       Houdion Jules Prosper

17 7bre 1860 -----------   -------------     Bertrand Louis Cyrille exerçant actuellement.

 

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[page 17]

Histoire locale.

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Chapitre 1er.

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Avant 1789.

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Il n'existe aux archives de la Mairie aucune trace des événements qui se sont passés à Vaucourtois avant 1793.

On sait seulement, par le plan terrier de la propriété seigneuriale dressé en 1762, et conservé à la Mairie, qu'il existait un château fort.

Ce château aurait été complètement brûlé vers 1700.

Les vieillards disent tenir de leurs parents que le propriétaire aurait lui-même allumé l'incendie pour faire périr sa femme et ses enfants.

En 1793, la propriété faisait partie des domaines de Madame la Princesse de Rohan-Soubise, gouvernante des Enfants de France, veuve du Prince Jean Baptiste Charles de Lorraine, Comte de Marsan.

Cette Princesse n'avait plus à Vaucourtois qu'un simple pied-à-terre.

Avant 1793, le hameau de Liou appartenait [page 18] presque tout entier à l'abbaye de Chaage, dont le couvent était à Meaux.

Vers 1730 les moines avaient fait construire à Liou une chapelle dédiée à Sainte Geneviève.

Cette chapelle fut détruite pendant la Révolution.

 

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Chapitre 2.

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Après 1793.

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Madame la Comtesse de Marsan ayant émigré, ses biens furent vendus comme propriétés nationales et achetés par M. Burger, propriétaire à Paris.

Deux parcelles de terre et la grange dite des dîmes n'avaient pas été comprises dans la vente. Aussi plus tard elles furent rendues aux héritiers de la Comtesse.

En 1874, la Commune en fit l'acquisition, et c'est maintenant le magasin de la pompe et le jardin de l'Instituteur.

M. Burger resta longtemps Maire de Vaucourtois.

Il fit de grandes améliorations dans la Commune, fit empierrer plusieurs rues et transporter le cimetière hors du village.

[page 19]

C'est grâce à ses instances réitérées qu'une école fut ouverte à Vaucourtois en 1828, après une interruption de 17 ans (Vaucourtois avait été réuni à Sancy pour l'instruction en 1811).

En 1834, M. Burger vendit sa propriété à M. Oudot Claude, négociant à Paris.

Ce dernier, Maire à son tour de Vaucourtois, se montra bon administrateur, ami de l'instruction et très charitable.

Il fut décoré pour services rendus à Paris, dans les établissements de charité de son quartier.

Il est mort en 1849, du choléra, victime de son dévouement.

Comme on le pressait de se rendre à Vaucourtois pour fuir l'épidémie qui sévissait alors avec fureur, il refusa énergiquement, et continua à visiter et assister les malheureux atteints par la contagion.

Il devait y trouver la mort. Il fut emporté par le fléau le 4 juin 1849.

Son fils Oudot Louis devint son successeur à la Mairie de Vaucourtois, poste qu'il a conservé jusqu'à sa mort en 1882.

Louis Oudot

Louis Oudot.


Il fut le bienfaiteur de la Commune.

C'est lui qui a fait construire à ses frais l'école actuelle et l'église.

Lui aussi fut décoré pour services rendus [page 20] à Paris dans son quartier.

Il fut membre du conseil général et municipal de Paris pendant l'Empire.

Sa veuve, propriétaire actuelle, continue dignement la tradition de son époux et de son beau-père, en secourant les pauvres et les malades, en encourageant les enfants au travail par des récompenses en nature et en argent, aidant la Commune dans ses travaux.

En un mot, elle est la bienfaitrice du pays.

 

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Vaucourtois le 5 décembre 1888.

L'Instituteur:

Bertrand

 

 page 20 monographie

Archives départementales de Seine-et-Marne.

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1.  Archives Départementales de Seine-et-Marne. cote de l'original 30Z428; cote de la photocopie consultable en salle de lecture 2Mi548.

2. H. Cousturier. Le petit livre de la commune. L'Education Nationale, journal général de l'enseignement primaire. n° 29 du 4 décembre 1887. pages 378 à 380. 

3. M.B. Buisson. Exposition universelle. Paris. 1889. Rapport du jury international. Education et enseignement. Classe VI. Paris. Imprimerie Nationale. 1891. pages 445 et s.

4. M.B. Buisson. Ibid. page 454.

5. L'éducation Nationale, journal général de l'enseignement primaire. n° 41. 13 octobre 1889. pages 646 et s.  

6. Marius Bindin. Monographie communale de Fleury-en-Bière. ADSM. cote 30Z173. page 15.

7. La ligne de Paris à Meaux a été ouverte en 1859. Celle d'Esbly à Crécy sera inaugurée en 1902.

8. Selon Michèle Bardon, une école existait à Vaucourtois en 1677. Michèle Bardon. Les petites écoles du diocèse de Meaux aux 17° et 18° siècles. L'éducation en Brie à travers les siècles. Actes du colloque de novembre 2000. Presses du village. 2003. page 156.

9. La mère de Louise Isabelle Tiercelin, épouse de l'instituteur Bertrand, est la fille de Louise Catherine Babron (Acte de naissance de Louise Isabelle Babron. Registre d'état civil de Coulommes en date du 24 avril 1845). Par ailleurs, Louise-Françoise Isambert, épouse de Jean-Marie Babron, était la nièce de Denis Isambert, maître d'école de Vaucourtois de 1756 à 1811. A ce jour, je n'ai pu établir le probable lien de parenté entre Louise-Catherine Babron et Jean-Marie Babron.

10. Sous l'ancien régime, les registres de baptêmes, mariages et sépultures étaient tenus en deux exemplaires par le curé de la paroisse. Un premier exemplaire était conservé à la paroisse, et le second était déposé au greffe du bailliage de Meaux. Pour Vaucourtois, ce second registre, aujourd'hui conservé aux Archives départementales de Seine-et-Marne, comporte des actes remontant à l'année 1675. Le premier registre correspondant, qui aurait dû être conservé par la paroisse puis par la commune, a sans doute été détruit ou égaré avant 1888, date de la rédaction de la monographie communale.

 

 

 

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