le presbytère de Coulommes 3ème partie

Publié le par coulommes-et-autres-lieux-voisins.over-blog.com

Une affiche manuscrite, conservée aux Archives Départementales, nous apprend qu'en décembre 1820, une enquête de commodo et incommodo invite les habitants de Coulommes à venir exprimer leur avis sur l'achat de l'ancien presbytère par la commune. Maître BERTHAULT, notaire royal à Couilly, "qui fera annoncer son arrivée au son de la caisse", recevra les déclarations des habitants en la maison de monsieur Jean Baptiste GUAY demeurant Grande Rue, laquelle maison a été jugée plus commode que la mairie pour cette circonstance. On a jugé aussi plus convenable de faire réaliser cette enquête - et certainement la vente proprement dite - par un notaire d'une autre commune. C'est, qu'en effet, il y a un notaire à Coulommes, Pierre Gilbert GALLAYX, qui est aussi premier magistrat de la commune. On a donc certainement cherché à éviter les soupçons de forfaiture, voire de concussion...

 

affiche 1820

Affiche annonçant l'enquête de commodo et incommodo (1820).

Archives départementales de Seine-et-Marne.

 

En 1820, l'ancien presbytère est la propriété de la Comtesse de SAINT CHAMANS qui se propose de le vendre à la commune de Coulommes pour y loger le prêtre desservant. Quand et comment est-il passé du patrimoine de Nicolas TRONCHON à celui de la comtesse? Cette comtesse de SAINT CHAMANS n'est pas une inconnue pour le village. En effet, il s'agit de Françoise Marguerite BOULA de Montgodefroy, fille d'Antoine François BOULA de Montgodefroy et petite fille de François BOULA de Quincy qui, avant la Révolution et l'abolition des privilèges, furent seigneurs des terres de Coulommes et en conservèrent ensuite la propriété de la plus grande partie. Veuve, Françoise Marguerite a épousé en secondes noces Antoine Marie Hippolyte de SAINT CHAMANS le 12 juillet 1791. 

 

En 1820, elle cède donc cette maison, qui, à cette époque, ne sert plus de presbytère, moyennant une somme de 4.400 francs, payable par la municipalité en 4 termes annuels de 1.100 francs sans intérêts. Le dernier terme sera réglé entre les mains des héritiers de la comtesse, celle-ci étant décédée entre temps. Au nombre de ces héritiers se trouve sa petite fille, Ange Louise Paule de QUENGO, comtesse de CRENOLLE, que nous aurons l'occasion de rencontrer de nouveau dans l'histoire de Coulommes. 

 

Au cours de l'enquête, on fait valoir que le futur presbytère est une maison proche de l'église, séparée de toutes autres maisons, et n'ayant aucune communication avec les voisins, et, qu'en l'achetant, la commune évite qu'elle soit acquise par des personnes dont les activités pourraient troubler le déroulement des offices. On se demande quelles activités, selon la municipalité, seraient susceptibles de troubler les offices... une auberge, un cabaret?

 

plan de situation 1820

Plan de masse du presbytère et des parcelles attenantes (1820).

Archives départementales de Seine-et-Marne.

 

Sept habitants viendront manifester leur approbation: Jean DELIGNY et Jean François LEROY, cultivateurs, Pierre Gilbert HOUDART, charron, Jean Baptiste GUAY, lieutenant en retraite, Georges MARNIESSE, maréchal ferrant, Jean François GIBERT, maçon et Claude PESTAIL, boucher. On retrouvera plus tard quelques uns de ces noms dans le conseil de fabrique de la paroisse et sur une cloche installée dans le nouveau clocher bâti en 1865.

 

Les Archives Départementales conservent aussi un plan de cette époque, qui nous permet de mieux imaginer la disposition du presbytère. Tout d'abord, il faut remarquer qu'il ne se compose plus que d'une maison d'habitation et d'une annexe servant de bûcher et de cellier, avec un jardin et une cour séparant les deux bâtiments. Le "bûcher-cellier" correspond certainement à la "grange de deux petites travées ... dans laquelle il y a une écurie et un cellier" mentionnée dans l'acte de vente de 1796. Mais plus de "petit colombier avec toit à porc en dessous", ni de "hangar couvert en paille, attenant au colombier". Le plan nous montre que les pignons de l'habitation se trouvent à l'ouest et à l'est, les façades (les costières mentionnées par le curé THURET en 1729) au nord et au sud. Toutes les pièces ont au moins une fenêtre sur la façade exposée au sud, pour bénéficier de la lumière du soleil, et toutes ont une cheminée. Au rez de chaussée, il y a une entrée côté jardin, et une autre côté cour. Le terrain contigu au presbytère appartient à Jean Louis RÉGNIER, garde champêtre de Coulommes de 1814 à 1836.

 

plan 1820

Plan du rez de chaussée et de l'étage du presbytère (1820).

Archives départementales de Seine-et-Marne.

 

Comme à l'époque Du curé Alexis THURET, on peut se demander où habitait le prêtre desservant entre 1803, date du retour d'un curé dans la paroisse, et 1820, date à laquelle on redonne à l'ancien presbytère sa fonction initiale. On ne sait pas non plus si la comtesse de SAINT CHAMANS logeait quelqu'un dans l'ancienne maison curiale.

 

Après Claude BIENFAIT, la paroisse sera desservie par Pierre JOUMARD puis par Jean-Pierre Simon TERTEREAU. En 1868, ce dernier, en charge de la paroisse de Coulommes depuis 1836 environ, devient titulaire de celle de Vaucourtois. La famille OUDOT, après avoir obtenu l'érection en paroisse de la simple succursale qu'était Vaucourtois, y a fait bâtir un presbytère moderne et y attire le curé TERTEREAU; Celui-ci ne dessert plus alors l'église de Coulommes que secondairement. En 1899, c'est le curé CHARPIGNON, de Bouleurs, qui dessert Coulommes. Le presbytère de Coulommes n'est donc plus habité par un prêtre à partir de 1868. 

 

Publié dans Monuments - édifices

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