le presbytère de Coulommes 4ème partie

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La loi du 9 décembre 1905 portant séparation des Eglises et de l'Etat se substitue au concordat de 1801. Le presbytère de Coulommes, propriété de la commune depuis 1820, n'est pas concerné par la mesure de confiscation des biens mobiliers et immobiliers de l'Eglise induite par cette loi. Le curé desservant, bien que ne résidant plus à Coulommes, a conservé jusqu'alors la jouissance gratuite du presbytère. Sans doute l'utilise-t-il quand il vient officier à Coulommes. Cette jouissance gratuite cesse le 13 décembre 1905, et du fait que le desservant ne réside plus sur place, la dévolution de cet édifice à l'association cultuelle qui remplace l'ancienne fabrique ne s'impose pas. Début 1907, la municipalité envisage de louer l'édifice moyennant 25 francs annuels, mais le préfet de Seine-et-Marne s'y oppose au motif que sa valeur locative est de 130 francs.

 

Finalement, en novembre 1907, la municipalité se résout à mettre l'édifice en vente et informe la population de l'ouverture d'une enquête publique.


mise en vente 1907

Affiche annonçant la mise en vente du presbytère (1907).

Archives départementales de Seine-at-Marne.

 

C'est Alfred BÉGAT (surnommé "Casse-carreaux"), aubergiste et distillateur qui achète l'ancien presbytère. C'est certainement le genre d'activités «pouvant troubler le déroulement des offices» que la municipalité  de 1820 souhaitait ne pas voir s'établir à cet endroit. Mais plus de 80 ans sont passés, ainsi que des idées républicaines et passablement anticléricales... Alfred BÉGAT installe même son alambic dans l'ancienne maison du curé. Et il fait construire, dans le jardin, la maison qui se trouve actuellement à l'angle de la Grande Rue et de la Place de l'Eglise. C'est là qu'Alfred BÉGAT exerce son activité jusque dans les années 1940. Leur fille unique étant décédée jeune, Alfred BÉGAT et son épouse ne laissent aucun héritier, et l'ensemble revient à l'Etat qui le met à la disposition de la commune.


pignon b

Sur cette carte postale, on voit le pignon du presbytère et la porte d'accès à son jardin.

 

Grâce à deux cartes postales, nous disposons d'images partielles de l'ancien presbytère. Sur l'une, qui représente l'église vue depuis la rue de Glatigny, on distingue seulement son pignon. Sur l'autre, qui représente l'église vue depuis l'entrée de la rue de Courcelles, on voit la grange qui abritait un cellier et une écurie, ainsi que la toiture de la partie "habitation". A la pointe formée par l'angle de la Place de l'église et une cour commune, on voit aussi un cabanon, certainement construit après 1820, et qui appartient encore de nos jours à la commune. En 1907, il a été démembré du reste de la propriété et, remanié, il a été transformé en poste de police. A ce titre, il a surtout servi de cellule de dégrisement. Aujourd'hui, toujours propriété de la commune, il est désaffecté.


avant après b

En haut, sur cette carte postale des années 1900, on voit au premier plan un petit cabanon formant pointe. Sur le cliché du bas (2001), on voit qu'il a été agrandi (et converti en "poste de police"). Au 2ème plan, la "grange abritant cellier et écurie" a disparu, ainsi que le presbytère lui-même dont on aperçoit la toiture au 3ème plan sur la carte postale de 1900 (par-dessus cette toiture, on devine la pointe du colombier de la grande ferme).

 

La maison BÉGAT, demeurée inoccupée, l'ancien presbytère et la grange commencèrent à se dégrader. Dans les années 1980, la grange avait disparu, et il ne subsistait de l'ancien presbytère que le bas du mur-pignon du côté de l'église, ainsi que quelques poutres du plancher de l'étage. Ultime vestige, un mur qui clôturait le jardin et les bâtiments et comportait une porte d'entrée sur le jardin. Cette porte a été murée, mais on en voit toujours l'emplacement. 


ancienne porte b

Vestige de l'ancien presbytère, la trace de la porte d'accès au jardin, aujourd'hui murée.

 

La municipalité, aux fins d'équiper la commune d'une salle des fêtes, propose à M. MAILLARD de Bouleurs d'échanger l'ensemble "café BÉGAT + terrain + ruine du presbytère" contre un bâtiment sur la rue de Glatigny, qu'elle aménage en foyer polyvalent. Le nouveau propriétaire de l'ancien presbytère, devant le danger que constitue la ruine, finit de la mettre à bas.


vue aérienne b

Sur cette vue aérienne (années 1970), le flèche de droite pointe le mur-pignon côté rue et les poutres qui soutenaient le plancher de l'étage. La flèche de gauche pointe un mur de l'ancienne grange encore debout.

 

En 1999, l'ancien café, lui, retrouve sa fonction le temps du tournage du téléfilm de Nadine TRINTIGNANT "Victoire ou la douleur des femmes", pour lequel il sert de décor.

 

Begat-Victoire.JPG

Pour les besoins du tournage de la série TV "Victoire ou la douleur des femmes, les décorateurs ont redonné vie à l'ancien café BÉGAT.

Publié dans Monuments - édifices

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