Maîtres d'école & Instituteurs en Brie et dans le nord de la Seine-et-Marne.

Publié le par coulommes-et-autres-lieux-voisins.over-blog.com

 

Le présent article est un prolongement de celui traitant de la monographie communale de Vaucourtois. On s'y reportera pour ce qui concerne l'origine et le contenu des monographies communales rédigées par les instituteurs de Seine-et-Marne à la fin du 19° siècle.

 

Dans ces travaux, les instituteurs ont consacré un chapitre à l'histoire de l'enseignement dans leur commune. Ils ont établi une liste des maîtres d'école d'Ancien Régime et des instituteurs de la République. Pour les premiers, ils ont essentiellement repris les mentions figurant dans les registres paroissiaux de baptêmes, mariages et sépultures. Malheureusement, beaucoup de ces registres ont disparu, ou sont incomplets, ou encore ont été insuffisamment renseignés par leurs rédacteurs, curés ou clercs paroissiaux. Pour la période qui a suivi la Révolution, les archives ont permis un meilleur recensement des maîtres d'école et des instituteurs, même s'il est encore imparfait.

Germigny l'Evêque 1ère page

 

C'est dire si les listes de ces "enseignants" établies pour les monographies communales sont elles-mêmes incomplètes et peu fiables. Pourtant, en les rapprochant entre elles, on arrive à reconstituer tout ou partie de la "carrière", dans diverses paroisses ou communes, de quelques maîtres d'Ancien Régime et de quelques instituteurs sous la République, la Restauration et l'Empire. On arrive aussi à révéler ou à confirmer l'existence de véritables dynasties régionales de magisters.

 

Les listes qui suivent ont été établies à partir de celles figurant dans les monographies de certaines paroisses et communes du nord de la Seine-et-Marne (plus ou moins l'actuel arrondissement de Meaux) conservées aux Archives Départementales de Dammarie-lès-Lys. Pour Coulommes et certaines localités qui l'entourent, elles ont été complétées par des recherches personnelles, principalement dans les registres paroissiaux.

 

La présente étude ne prétend ni à l'exhaustivité ni à la fiabilité. Son but est seulement d'éclairer sous un angle particulier cette profession, et peut-être de susciter l'intérêt d'autres amateurs d'histoire locale et de généalogie.  

 

 

 

Maître d'école, une affaire de familles.

 

Dans notre région, on trouve, généralement dans les registres paroissiaux, les premières mentions de "petites écoles" à partir des années 1570: Bouleurs (1570), Sancy (1570), Coulommes (1572), Couilly (1573), Saint Fiacre (1578), Maisoncelles (1579), ... Leur fondation est vraisemblablement consécutive aux Etats Généraux réunis à Orléans en 1560, où la noblesse protestante s'était alliée au Tiers Etat pour demander la création d'écoles paroissiales et la levée d'une contribution sur les bénéfices ecclésiastiques pour rémunérer les maîtres.

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Le clergé catholique, à la fois pour contrecarrer les velléités des réformés protestants en la matière, et réalisant tout le parti que l'Eglise romaine pouvait tirer d'une éducation conduite sous sa tutelle, institua des écoles paroissiales. 


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Le plus souvent, le maître était choisi par celui qui finançait l'école, seigneur local, fabrique d'église, ecclésiastique, communauté religieuse... Les seules obligations qui s'imposaient aux candidats étaient d'être catholique et de recevoir l'agrément de l'évêque ou de son vicaire, ce qui éliminait d'office les réformés. Le plus souvent recrutés et payés par le conseil de fabrique de l'église, ils devaient convenir au curé qui s'assurait de leurs bonnes vie et mœurs, de leurs connaissances en doctrine chrétienne, parfois de leur capacité à tenir la place de chantre au cours des offices, et enfin de leurs compétences en lecture, écriture et calcul. Presque systématiquement, leur fonction de maître se doublait de celle de clerc paroissial, chargé surtout de tenir les registres paroissiaux de baptême, mariage et sépulture. Ces maîtres d'école ne recevaient pas de formation particulière. Eux-mêmes avaient généralement appris à lire, écrire et compter auprès d'un autre maître d'école, souvent leur propre père. Si quelque prestige et quelques privilèges étaient attachés à la fonction, celle-ci était mal rémunérée, et la plupart des maîtres d'école exerçaient, en plus, une autre activité professionnelle.

 

Dans l'«Histoire de l'enseignement primaire en Brie» (réédition Presses du Village), Théophile Lhuillier mentionne la présence à Bouleurs de la famille DIEU dans la deuxième moitié du 17° siècle: «J. DIEU, maître d'école, qui avait succédé à Antoine DIEU son père.» A la même époque, on retrouve la famille DIEU à Coulommes, essentiellement à travers les registres paroissiaux. Ce J. DIEU cité par Lhuillier est certainement Jean DIEU, né à Coulommes le 11 septembre 1688, fils d'Antoine DIEU, tonnelier à Coulommes, et de Françoise POISSON (Antoine DIEU, veuf d'un premier mariage, avait épousée cette dernière en juin 1683). Antoine DIEU est lui-même le fils d'Antoine DIEU, tonnelier demeurant à Bouleurs en 1681, et de Jeanne BALU. D'après Cyprien SIMON, instituteur qui a écrit en 1888 la monographie communale de Coulommes, Antoine DIEU, le père (qu'on me pardonne ce jeu de mots involontaire) a été lui-même maître d'école à Coulommes en 1667 et 1668, date à laquelle lui succèdent Charles DERVAUX, puis, de 1680 à 1696, Pierre LOPPAIN. Antoine DIEU, le fils, devient à son tour maître d'école de Coulommes en 1696, et le reste jusqu'en 1707. Il semble donc qu'Antoine DIEU, le fils (ou le jeune, comme on disait alors) ait exercé comme magister à Bouleurs puis à Coulommes.

 

En 1707, c'est Louis DIEU, né à Coulommes en novembre 1686, fils d'Antoine DIEU le jeune et petit fils d'Antoine DIEU l'ancien, qui prend leur suite. Nous avons donc quatre maîtres d'école dans la famille DIEU: Antoine le père, Antoine le fils, et ses propres fils Jean et Louis.

 

En 1710, à Coulommes, Louis DIEU épouse Anne VILAIN. Or, Pierre LOPPAIN, évoqué plus haut et maître d'école à Coulommes de 1680 à 1696, avait épousé Marie VILAIN en janvier 1701. Il était alors maître d'école à La Chapelle sur Crécy. Bien qu'un lien de parenté n'ait pu encore être démontré, Anne et Marie VILAIN sont certainement toutes deux filles de Jean VILAIN, ancien procureur fiscal de la terre et seigneurie de Coulommes. En octobre 1682, Jean VILAIN avait été le parrain de Marie, fille d'Antoine DIEU le jeune, sœur aînée de Jean et Louis DIEU, née d'un premier lit. Elle était décédée douze jours après sa naissance, et sa mère, Marguerite BLUTEL, était décédée trois semaines plus tard. En 1715, Marie VILAIN sera elle-même la marraine de Marie Anne, fille de Louis DIEU et d'Anne VILAIN.

 

Un autre LOPPAIN, Pierre Denis, est maître d'école et tailleur d'habits à Ségy de 1727 à 1733. Il est sans doute le fils de notre Pierre LOPPAIN, ancien maître d'école de Coulommes et de La Chapelle.

 

En 1749, devenu veuf, Louis DIEU a épousé en secondes noces Jeanne DENIS, sage femme, elle-même veuve de Pierre GALIPPE, dont elle eut plusieurs enfants qui lui donnèrent eux-mêmes des petits-enfants. L'un d'entre eux, Laurent GALIPPE, qui assiste à l'inhumation de sa grand-mère en 1764, sera en 1793 le premier maître d'école recruté en tant que tel par la commune de Coulommes, instaurée en février 1790. Il sera le premier d'une nouvelle "dynastie" de maîtres d'école de Coulommes, puisque son fils, prénommé Laurent comme lui, et son petit-fils, Jean Nicolas Laurent, prendront sa suite à l'école de Coulommes. En outre, une demoiselle Zoé Joséphine GALIPPE, dont la filiation avec nos instituteurs reste à déterminer (décédée à Chenoise le 25 septembre 1866), a épousé Louis Victor BLUTEL, décédé instituteur à Beauvais le 7 novembre 1854, fils de Jean Claude BLUTEL, lui-même instituteur originaire de Lihou, hameau de Vaucourtois.


Dieu

 

On le voit, la fonction ne se transmet pas seulement de père en fils, mais aussi par alliance. C'est le cas à Etrépilly. Selon Armand RONSIN, l'instituteur qui a rédigé la monographie de la commune, y exercèrent successivement François TREMBLAY, "maître des écoles" de 1705 à 1708, son gendre François LORINÉ "recteur des écoles" de 1718 à 1742, le gendre de celui-ci André LEMAIRE "maître d'école" et "instituteur" de 1742 à 1769 et le fils de ce dernier, Pierre LEMAIRE de 1776 à 1798.

 

Etrépilly

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Carte de la commune d'Etrépilly établie par Armand RONSIN, instituteur, pour la monographie de la commune.

 

D'autres dynasties de maîtres d'école-instituteurs ont exercé dans diverses paroisses et communes de la région, sous l'Ancien Régime puis après la Révolution. C'est le cas des HOUDION, famille originaire de Dammartin sur Tigeaux, où le père, Christophe HOUDION était voiturier. Son fils Jean Clovis Sébastien exerce comme instituteur à Boutigny de 1813 à 1845. A partir de 1835, il fait la classe dans sa propre maison, que la commune lui loue et qu'elle lui achètera en 1845. Son petit-fils Jules Adonis enseigne successivement à Vaucourtois et à Mareuil lès Meaux, et son arrière-petit-fils Jules Prosper enseigne à Vaucourtois puis à Neufmontiers.

 

Houdion

 

Dans la région, certaines familles constituent des "dynasties" encore plus nombreuses. C'est le cas des GARNIER, sous l'Ancien Régime, à Saint-Fiacre, Villemareuil, Boutigny et Vaucourtois.

 

Garnier

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Carte de la commune de Villemareuil établie par Jules BAILLY, instituteur, pour la monographie de la commune.

 

C'est aussi le cas des PLÉ, qui ont exercé leur magister dans pas moins de dix localités, avant et après la Révolution.

 

Plé

 

Les listes ci-après ont été établies à partir de celles dressées par les instituteurs dans les monographies communales rédigées en 1888 pour l'Exposition Universelle de 1889. Chronologiquement, elles ne vont donc pas au-delà de 1888. Par ailleurs, elles se limitent à certaines paroisses et communes du nord de la Seine-et-Marne (plus ou moins l'actuel arrondissement de Meaux) dont la monographie est conservée aux Archives Départementales de Seine-et-Marne (certaines manquent, comme Bouleurs ou Nanteuil-lès-Meaux). 

 

Les trois premières listes ci-dessous sont classées par ordre alphabétique croissant des patronymes puis par dates croissantes d'entrée en fonction. La graphie des patronymes a évolué au cours du temps et n'a été fixée qu'en fin du 19° siècle. Des graphies différentes peuvent éventuellement correspondre à un seul et même patronyme. A l'inverse, un même patronyme peut correspondre à des familles distinctes.

 

Homonymes

 

En rapprochant des informations éparses dans les différentes monographies communales, cette liste permet d'une part de reconstituer certaines "dynasties familiales", et d'autre part de retrouver les affectations successives d'un même maître d'école ou d'un même instituteur.

 

Les listes 4 et 5sont classées par ordre alphabétique croissant des localités, puis par ordre chronologique. 

 

(cliquer sur la liste voulue)

Liste 1: maîtres d'école et instituteurs de A à D

Liste 2: maîtres d'école et instituteurs de E à M

Liste 3: maîtres d'école et instituteurs de N à W

Liste 4: paroisses et communes de Armentières à La Haute Maison.

Liste 5: paroisses et communes de Maisoncelles à Villiers-sur-Morin

 

Publié dans Gens d'ici

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