9 décembre 2010. Coulommes sous la neige

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La lessive

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Dans le temps, l'hiver, on ne lavait pas le linge de corps et de maison au fur et à mesure qu'on se reblanchissait: impossible d'aller au lavoir, on y aurait pris la mort. On entassait donc le linge sale, et on faisait une première grande lessive au printemps. C'est pour cela que nos aïeules avaient souvent des trousseaux très conséquents.

 

On n'entreprenait pas non plus la lessive n'importe quel jour: «qui lave le vendredi, lave son suaire», ou «qui lave le vendredi, veut la mort de son mari». Avant l'invention de la lessiveuse métallique "moderne", on faisait tremper le linge dans un cuvier en bois, sortant de chez le tonnelier, et muni, près du fond, d'un robinet semblable à celui des tonneaux et appelé la pissotte. Le cuvier était posé sur une selle à trois pieds (la cheuve ou la bique), à proximité de l'âtre où chauffait une chaudronnée d'eau.

 

Au fond du cuvier, on disposait tout d'abord un fagot de sarments destiné à empêcher le linge de boucher la pissotte. Ensuite, on remplissait le cuvier de linge en suivant un ordre précis. On entassait, dans l'ordre, les torchons, les draps, les chemises d'hommes et enfin celles des femmes, les chemises, toujours "le nez dessus", faute de quoi, on risquait d'enterrer leur propriétaire dans l'année... On plaçait au milieu du linge des chapelets de javiots (racines d'iris séchées au four), pour embaumer la lessive, et on recouvrait le tout d'une toile du dessus ou charrier. Enfin, on complétait le cuvier avec un bon lit de cendres (celles de bois blancs étaient réputées les meilleures), mêlé d'herbes aromatiques et d'une poignée de sel pour éviter que n'apparaissent les "figures".  Ces "figures", outre qu'elles entachaient le linge et la réputation de la lavandière, étaient l'œuvre du diable et ne pouvaient plus être effacées. Ensuite de quoi, on "coulait" la lessive, en versant l'eau bouillante sur la cendre. On récupérait cette eau par la pissotte, après qu'elle ait trempé le linge en entraînant cendres et sel. On recommençait ainsi 8 ou 9 fois, puis on laissait tremper jusqu'au lendemain, jour de lavoir.

Germigny l'Evêque

A Varreddes, du linge s'égoutte sur un fil

 

Pour les femmes, ce lavoir, c'était à la fois la peine et le plaisir. La peine, parce qu'elles devaient passer de longues heures agenouillées dans la boîte à laver, les mains gercées, crevassées, les bras et parfois le reste trempés par l'eau froide, à savonner, frotter, battre, tordre le linge, le plus souvent dans les courants d'air. Le plaisir, parce que le lavoir était un lieu exclusivement féminin, où les seuls mâles admis étaient les jeunes garçons,  où l'on se retrouvait pour parler, chanter, échanger des nouvelles, parfois médire de l'un ou de l'autre (avec l'invention de la T.S.F., est née l'expression "radio-lavoir"), se faire des confidences... Ecoutez celles qui ont subi cette corvée, en vous expliquant comme c'était pénible, elles ont souvent un éclat dans l'œil qui vous raconte aussi un peu leur nostalgie.

Bouleurs

A Bouleurs, c'est jour de lessive pour tout le monde

 

A Coulommes, il y a eu trois lavoirs: un à Fontenelle, un à la Pissotte et un autre à la Grande Arche. On allait volontiers à la Pissotte parce que l'eau y était plus douce qu'à Fontenelle. Celui de la Grande Arche était loin du village, mais on s'y rendait en voiture à cheval, on y était au soleil, et on voyait passer les gens sur la route de Coulommiers. A Fontenelle, bien sûr, on était abrité du vent, et on y amenait le linge dans la brouette ou la hotte en osier. Parfois on choisissait l'un ou l'autre lavoir parce qu'on savait qu'Augustine y serait aussi, ou, au contraire, que Marguerite n'y viendrait pas. C'est que l'harmonie ne régnait pas toujours entre lavandières. Certaines s'attribuaient toujours la meilleure place, là où l'eau propre coule de la fontaine, d'autres accaparaient les tréteaux ou les lices en bois pour y étendre leur linge...

 

Le seul homme admis à fréquenter régulièrement le lavoir était le garde champêtre: il était chargé de le nettoyer fréquemment, et forcément quand les femmes n'y étaient pas.


Quincy

A Quincy, une femme va au lavoir ou en revient, une hotte de linge sur le dos.

 

femme à la hotte

 Autre femme à la hotte à linge (cliché Paul Bailly)

Monthyon

 A Monthyon, on a amené le linge sur des brouettes

Mary sur Marne

A Mary sur Marne, la lavandière est venue avec son baquet en bois

Lizy sur Ourcq

A Lizy, du linge attend d'être rincé avant de retourner dans le baquet

Guérard Montbrieux

A Montbrieux, du linge s'égoutte sur des licesCrécy en Brie

A Crécy, encore des brouettes

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le presbytère de Coulommes 4ème partie

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La loi du 9 décembre 1905 portant séparation des Eglises et de l'Etat se substitue au concordat de 1801. Le presbytère de Coulommes, propriété de la commune depuis 1820, n'est pas concerné par la mesure de confiscation des biens mobiliers et immobiliers de l'Eglise induite par cette loi. Le curé desservant, bien que ne résidant plus à Coulommes, a conservé jusqu'alors la jouissance gratuite du presbytère. Sans doute l'utilise-t-il quand il vient officier à Coulommes. Cette jouissance gratuite cesse le 13 décembre 1905, et du fait que le desservant ne réside plus sur place, la dévolution de cet édifice à l'association cultuelle qui remplace l'ancienne fabrique ne s'impose pas. Début 1907, la municipalité envisage de louer l'édifice moyennant 25 francs annuels, mais le préfet de Seine-et-Marne s'y oppose au motif que sa valeur locative est de 130 francs.

 

Finalement, en novembre 1907, la municipalité se résout à mettre l'édifice en vente et informe la population de l'ouverture d'une enquête publique.


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Affiche annonçant la mise en vente du presbytère (1907).

Archives départementales de Seine-at-Marne.

 

C'est Alfred BÉGAT (surnommé "Casse-carreaux"), aubergiste et distillateur qui achète l'ancien presbytère. C'est certainement le genre d'activités «pouvant troubler le déroulement des offices» que la municipalité  de 1820 souhaitait ne pas voir s'établir à cet endroit. Mais plus de 80 ans sont passés, ainsi que des idées républicaines et passablement anticléricales... Alfred BÉGAT installe même son alambic dans l'ancienne maison du curé. Et il fait construire, dans le jardin, la maison qui se trouve actuellement à l'angle de la Grande Rue et de la Place de l'Eglise. C'est là qu'Alfred BÉGAT exerce son activité jusque dans les années 1940. Leur fille unique étant décédée jeune, Alfred BÉGAT et son épouse ne laissent aucun héritier, et l'ensemble revient à l'Etat qui le met à la disposition de la commune.


pignon b

Sur cette carte postale, on voit le pignon du presbytère et la porte d'accès à son jardin.

 

Grâce à deux cartes postales, nous disposons d'images partielles de l'ancien presbytère. Sur l'une, qui représente l'église vue depuis la rue de Glatigny, on distingue seulement son pignon. Sur l'autre, qui représente l'église vue depuis l'entrée de la rue de Courcelles, on voit la grange qui abritait un cellier et une écurie, ainsi que la toiture de la partie "habitation". A la pointe formée par l'angle de la Place de l'église et une cour commune, on voit aussi un cabanon, certainement construit après 1820, et qui appartient encore de nos jours à la commune. En 1907, il a été démembré du reste de la propriété et, remanié, il a été transformé en poste de police. A ce titre, il a surtout servi de cellule de dégrisement. Aujourd'hui, toujours propriété de la commune, il est désaffecté.


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En haut, sur cette carte postale des années 1900, on voit au premier plan un petit cabanon formant pointe. Sur le cliché du bas (2001), on voit qu'il a été agrandi (et converti en "poste de police"). Au 2ème plan, la "grange abritant cellier et écurie" a disparu, ainsi que le presbytère lui-même dont on aperçoit la toiture au 3ème plan sur la carte postale de 1900 (par-dessus cette toiture, on devine la pointe du colombier de la grande ferme).

 

La maison BÉGAT, demeurée inoccupée, l'ancien presbytère et la grange commencèrent à se dégrader. Dans les années 1980, la grange avait disparu, et il ne subsistait de l'ancien presbytère que le bas du mur-pignon du côté de l'église, ainsi que quelques poutres du plancher de l'étage. Ultime vestige, un mur qui clôturait le jardin et les bâtiments et comportait une porte d'entrée sur le jardin. Cette porte a été murée, mais on en voit toujours l'emplacement. 


ancienne porte b

Vestige de l'ancien presbytère, la trace de la porte d'accès au jardin, aujourd'hui murée.

 

La municipalité, aux fins d'équiper la commune d'une salle des fêtes, propose à M. MAILLARD de Bouleurs d'échanger l'ensemble "café BÉGAT + terrain + ruine du presbytère" contre un bâtiment sur la rue de Glatigny, qu'elle aménage en foyer polyvalent. Le nouveau propriétaire de l'ancien presbytère, devant le danger que constitue la ruine, finit de la mettre à bas.


vue aérienne b

Sur cette vue aérienne (années 1970), le flèche de droite pointe le mur-pignon côté rue et les poutres qui soutenaient le plancher de l'étage. La flèche de gauche pointe un mur de l'ancienne grange encore debout.

 

En 1999, l'ancien café, lui, retrouve sa fonction le temps du tournage du téléfilm de Nadine TRINTIGNANT "Victoire ou la douleur des femmes", pour lequel il sert de décor.

 

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Pour les besoins du tournage de la série TV "Victoire ou la douleur des femmes, les décorateurs ont redonné vie à l'ancien café BÉGAT.

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le presbytère de Coulommes 3ème partie

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Une affiche manuscrite, conservée aux Archives Départementales, nous apprend qu'en décembre 1820, une enquête de commodo et incommodo invite les habitants de Coulommes à venir exprimer leur avis sur l'achat de l'ancien presbytère par la commune. Maître BERTHAULT, notaire royal à Couilly, "qui fera annoncer son arrivée au son de la caisse", recevra les déclarations des habitants en la maison de monsieur Jean Baptiste GUAY demeurant Grande Rue, laquelle maison a été jugée plus commode que la mairie pour cette circonstance. On a jugé aussi plus convenable de faire réaliser cette enquête - et certainement la vente proprement dite - par un notaire d'une autre commune. C'est, qu'en effet, il y a un notaire à Coulommes, Pierre Gilbert GALLAYX, qui est aussi premier magistrat de la commune. On a donc certainement cherché à éviter les soupçons de forfaiture, voire de concussion...

 

affiche 1820

Affiche annonçant l'enquête de commodo et incommodo (1820).

Archives départementales de Seine-et-Marne.

 

En 1820, l'ancien presbytère est la propriété de la Comtesse de SAINT CHAMANS qui se propose de le vendre à la commune de Coulommes pour y loger le prêtre desservant. Quand et comment est-il passé du patrimoine de Nicolas TRONCHON à celui de la comtesse? Cette comtesse de SAINT CHAMANS n'est pas une inconnue pour le village. En effet, il s'agit de Françoise Marguerite BOULA de Montgodefroy, fille d'Antoine François BOULA de Montgodefroy et petite fille de François BOULA de Quincy qui, avant la Révolution et l'abolition des privilèges, furent seigneurs des terres de Coulommes et en conservèrent ensuite la propriété de la plus grande partie. Veuve, Françoise Marguerite a épousé en secondes noces Antoine Marie Hippolyte de SAINT CHAMANS le 12 juillet 1791. 

 

En 1820, elle cède donc cette maison, qui, à cette époque, ne sert plus de presbytère, moyennant une somme de 4.400 francs, payable par la municipalité en 4 termes annuels de 1.100 francs sans intérêts. Le dernier terme sera réglé entre les mains des héritiers de la comtesse, celle-ci étant décédée entre temps. Au nombre de ces héritiers se trouve sa petite fille, Ange Louise Paule de QUENGO, comtesse de CRENOLLE, que nous aurons l'occasion de rencontrer de nouveau dans l'histoire de Coulommes. 

 

Au cours de l'enquête, on fait valoir que le futur presbytère est une maison proche de l'église, séparée de toutes autres maisons, et n'ayant aucune communication avec les voisins, et, qu'en l'achetant, la commune évite qu'elle soit acquise par des personnes dont les activités pourraient troubler le déroulement des offices. On se demande quelles activités, selon la municipalité, seraient susceptibles de troubler les offices... une auberge, un cabaret?

 

plan de situation 1820

Plan de masse du presbytère et des parcelles attenantes (1820).

Archives départementales de Seine-et-Marne.

 

Sept habitants viendront manifester leur approbation: Jean DELIGNY et Jean François LEROY, cultivateurs, Pierre Gilbert HOUDART, charron, Jean Baptiste GUAY, lieutenant en retraite, Georges MARNIESSE, maréchal ferrant, Jean François GIBERT, maçon et Claude PESTAIL, boucher. On retrouvera plus tard quelques uns de ces noms dans le conseil de fabrique de la paroisse et sur une cloche installée dans le nouveau clocher bâti en 1865.

 

Les Archives Départementales conservent aussi un plan de cette époque, qui nous permet de mieux imaginer la disposition du presbytère. Tout d'abord, il faut remarquer qu'il ne se compose plus que d'une maison d'habitation et d'une annexe servant de bûcher et de cellier, avec un jardin et une cour séparant les deux bâtiments. Le "bûcher-cellier" correspond certainement à la "grange de deux petites travées ... dans laquelle il y a une écurie et un cellier" mentionnée dans l'acte de vente de 1796. Mais plus de "petit colombier avec toit à porc en dessous", ni de "hangar couvert en paille, attenant au colombier". Le plan nous montre que les pignons de l'habitation se trouvent à l'ouest et à l'est, les façades (les costières mentionnées par le curé THURET en 1729) au nord et au sud. Toutes les pièces ont au moins une fenêtre sur la façade exposée au sud, pour bénéficier de la lumière du soleil, et toutes ont une cheminée. Au rez de chaussée, il y a une entrée côté jardin, et une autre côté cour. Le terrain contigu au presbytère appartient à Jean Louis RÉGNIER, garde champêtre de Coulommes de 1814 à 1836.

 

plan 1820

Plan du rez de chaussée et de l'étage du presbytère (1820).

Archives départementales de Seine-et-Marne.

 

Comme à l'époque Du curé Alexis THURET, on peut se demander où habitait le prêtre desservant entre 1803, date du retour d'un curé dans la paroisse, et 1820, date à laquelle on redonne à l'ancien presbytère sa fonction initiale. On ne sait pas non plus si la comtesse de SAINT CHAMANS logeait quelqu'un dans l'ancienne maison curiale.

 

Après Claude BIENFAIT, la paroisse sera desservie par Pierre JOUMARD puis par Jean-Pierre Simon TERTEREAU. En 1868, ce dernier, en charge de la paroisse de Coulommes depuis 1836 environ, devient titulaire de celle de Vaucourtois. La famille OUDOT, après avoir obtenu l'érection en paroisse de la simple succursale qu'était Vaucourtois, y a fait bâtir un presbytère moderne et y attire le curé TERTEREAU; Celui-ci ne dessert plus alors l'église de Coulommes que secondairement. En 1899, c'est le curé CHARPIGNON, de Bouleurs, qui dessert Coulommes. Le presbytère de Coulommes n'est donc plus habité par un prêtre à partir de 1868. 

 

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le presbytère de Coulommes 2ème partie

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La Terreur et les persécutions religieuses déciment le clergé. Certains prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé refusent de prêter le serment de fidélité que l'Assemblée exige d'eux. Ils sont démis. C'est le cas de Jacques Marie CAPY. D'autres, bien qu'ils aient accepté de prêter ce serment, restent suspects aux yeux des républicains les plus extrémistes, et finissent par abandonner leur sacerdoce. C'est le cas de Nicolas Elie DORIVAL, successeur de Jacques Marie CAPY à Coulommes. En 1793, l'église de Coulommes n'a plus de prêtre desservant et le presbytère n'est probablement plus occupé.

 

constitution civile du clergé

Des citoyens "aident" leur curé à prêter serment à la constitution civile du clergé.

 

En novembre 1789, l'Assemblée Nationale a décrété la mise à la disposition de la Nation des biens de l'Eglise, et ceux-ci sont progressivement mis en vente. La vente du presbytère de Coulommes a lieu le 5 vendémiaire de l'an V de la République (c'est à dire le 26 septembre 1796 "ancien style"). A cette date, la maison curiale, comme on l'appelle aussi, dépend de la fabrique de l'église (il s'agit des biens appartenant à une église paroissiale, administrés par un conseil de fabrique composé de paroissiens généralement élus et présidé par un marguillier). Après le décès du curé THURET en 1756, le presbytère a donc été dévolu à la fabrique. Des terres, appartenant elles aussi à la fabrique, seront vendues au même acheteur un mois plus tard. 

 

L'acte de vente, conservé au Archives Départementales, est plus détaillé que l'acte de naissance du presbytère:

«Le cinq vendémiaire l'an cinq de la République française une et indivisible.

Vente du presbytère et dépendances provenant de la ci-devant fabrique de Coulomme.

Au citoyen Nicolas Tronchon cultivateur demeurant à Fosse Martin, commune de Bez canton d'Acy département d'Oise.

Ci-devant presbytère de la commune de Coulommes, canton de Crécy, ancien District de Meaux, avec toutes se dépendances, consistant en

Premièrement au principal corps de logis composé d'un vestibule dans lequel se trouve escalier, à droite une salle à cheminée, à gauche une autre salle aussi à cheminée, attenant une cuisine, un four qui est par dehors; au premier étage trois pièces dont deux à feu et un cabinet; au-dessus deux greniers couverts en tuile.

2è attenant une grange de deux petites travées couverte en tuile dans laquelle il y a une écurie et un cellier.

3è en retour un petit colombier aussi couvert en tuile avec toit à porc dessous.

4è attenant au colombier un hangar couvert en paille.

5è une cour dans laquelle est un cabinet d'aisance couvert en tuile.

6è un jardin potager garni d'arbres en espalier.

Ces bâtiments, cour et jardin contenant vingt huit perches ou environ, mesure d'ordonnance, attenant au levant à la rue de Courcelles, au midi à la Grande rue, au couchant à la ruelle qui conduit à la grange des dîmes, et au nord à la place.

7è en outre une grange de quatre travées servant ci-devant de grange es dîmes appartenant au ci-devant Chapitre de Meaux comme décimateur par indivis avec le curé, et une place attenant d'environ cinq perches mesure d'ordonnance, tenant au levant à la ruelle, au midi à la Grande rue au couchant et au nord au C. Roze.

prix: 2.880 livres.»

 

Ce document énumère plus complètement les différentes pièces et éléments composant le logement du prêtre desservant: vestibule, escalier, salles, cuisine, cabinet, grenier; et même certains équipements: salles ou pièces à feu, c'est à dire avec cheminée, et four. Il détaille des dépendances que le premier document ne mentionnait pas: grange contenant écurie et cellier, petit colombier avec toit à porc, hangar, cour avec cabinet d'aisance, jardin potager. Rien ne dit si les autres édifices ont été bâtis du temps d'Alexis THURET ou ultérieurement. Quoi qu'il en soit, comme on le voit, le curé dispose de tout ce qui, à l'époque, permet une vie confortable. Si on considère que la cure comporte également 16 arpents de terres labourables, clos, prés et vignes (6,6 hectares) et procure en 1790 un revenu annuel de 1.200 livres (66 ans plus tôt, le gros œuvre du presbytère avait coûté 500 livres au curé), on peut dire que la paroisse de Coulommes, pour modeste qu'elle soit, n'est certes pas désagréable pour son desservant, sur le plan temporel tout au moins...


 plan Quincy b

Sur ce plan-terrier de la famille Boula de Quincy (1754), on distingue le presbytère face à l'entrée de l'église Saint-Laurent.

 

Notons que l'acte de vente inclut même la "grange es dimes", qui pourtant, appartient en partie au Chapitre de Saint Etienne de Meaux. Par ailleurs, il précise la situation topographique du presbytère dans le village: entre la rue de Courcelles, la Grande Rue, la ruelle de la Dimeresse et la place. En fait, pour transposer cette localisation dans les noms de voies actuelles, tout en se référant aux points cardinaux mentionnés, il faut lire "Place de l'Eglise" au lieu de rue de Courcelles, et rue de Courcelles au lieu de "la place". Il nous indique aussi la superficie couverte par ces bâtiments, cour et jardin: 28 perches ou environ, mesure d'ordonnance (aussi appelée mesure de Roy) ce qui représente donc un peu plus de 1.400 m². 

 

Enfin et surtout, cet acte de vente mentionne l'identité de l'acheteur, le "citoyen Nicolas Tronchon, cultivateur demeurant à Fosse Martin, commune de Rez canton d'Acy département d'Oise" (aujourd'hui Réez-Fosse-Martin). Pour qui connaît un peu l'histoire régionale, le nom de ce personnage doit évoquer quelque chose. A Meaux, une rue porte son nom, et son souvenir paraît être encore vivace, tant dans l'Oise où il vivait, que dans le Nord de la Seine et Marne.

 

Nicolas Charles TRONCHON, avocat au parlement en 1786, conseiller du roi à l'élection de Meaux et accessoirement receveur de la seigneurie de Bouillancy, posséde une ferme à Fosse-Martin.  En 1788, la récolte de blé a été très mauvaise, et des manœuvres spéculatives compromettent l'approvisionnement des marchés.  La disette menaçant, des troubles surviennent parmi la population. Nicolas TRONCHON, qui dispose alors d'importantes réserves, procure à un prix modéré tout le blé qui manque aux habitants de Meaux. Son geste lui vaut la gratitude de la municipalité qui fait frapper une médaille d'or en son honneur. Il est élu député de l'Oise à l'Assemblée Législative en 1791, et sera réélu pendant les Cent-Jours et sous la Restauration. Réformateur, plutôt que révolutionnaire, on connaît de lui des textes où il affiche des conceptions libérales.


 Nicolas TRONCHON

Nicolas Tronchon.

 

Bien que les deux transactions soient intervenues à un mois d'intervalle, on peut supposer que l'ancien presbytère et les terres de la fabrique composaient en quelque sorte un seul et même "lot". D'ailleurs, le prix de l'édifice représentait moins de 10% du total, et il est assez probable que Nicolas TRONCHON était surtout intéressé par la terre. Ces acquisitions constituaient sans doute des investissements fonciers pour ce "laboureur" fortuné. D'ailleurs, la suite tend à nous le confirmer.

 

En 1801, Bonaparte, Premier Consul, conclut avec le Pape Pie VII un Concordat qui reconnaît le catholicisme comme «la religion de la majorité des français». Le gouvernement nomme les évêques et les salarie, tout comme les curés. Cependant, ce n'est qu'en 1803 qu'un prêtre desservant est de nouveau affecté à Coulommes: c'est Claude BIENFAIT, ancien curé de Nanteuil lès Meaux, revenu d'exil à la fin des persécutions religieuses, qui est nommé à la paroisse.

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